Plan pollinisateurs : le gouvernement fait fausse route
 

Communiqué de presse diffusé le 17/12/2020


 

Tous les scientifiques et apiculteurs reconnaissent aujourd’hui le caractère multifactoriel des mortalités d’abeilles. Pour être en bonne santé, les butineuses doivent bénéficier d’un bol alimentaire en pollen et en nectar de qualité et en quantité suffisante. Le maintien de leurs défenses immunitaires repose sur cet équilibre nutritionnel. C’est ce qui permet aux abeilles de résister face aux multiples parasites et pathologies qui les menacent. Ainsi le Varroa, petit acarien externe originaire d’Asie, est souvent qualifié par les apiculteurs d’ennemi numéro 1 des abeilles. Sa présence dans les ruches affaiblit les colonies, limite leur développement et facilite la propagation des virus au sein des ruches. Hélas, sur ces sujets, la recherche publique et privée est quasi inexistante. Les pouvoirs publics préfèrent financer la recherche sur les produits phytosanitaires et continuent de fermer les yeux sur le volet sanitaire de la crise apicole. Pourtant, selon l’Observatoire des Mortalités et des Affaiblissements de l’Abeille mellifère (OMAA), les origines des troubles sont clairement identifiées : Varroa, disette alimentaire, famine et manque de connaissances sanitaires. Le développement de ressources pour les abeilles ne bénéficie pas non plus du soutien financier de l’État. Les initiatives telles que les jachères mellifères ou les modes de gestion différenciée de certaines cultures, comme la luzerne par exemple, ne sont aujourd’hui possibles que grâce à des financements privés, ce qui rend difficile leur développement à grande échelle.

Le Plan pollinisateurs de Barbara Pompili ne fera pas date. Il est voué à l’échec puisqu’il semble construit sur le même modèle que les précédents. Les leçons de ces échecs successifs, qui ont conduit la filière apicole dans le mur, n’ont toujours pas été tirées. En effet, son contenu se limite à la question des pesticides. En se bornant à faire la chasse aux produits de protection des plantes et à interdire les traitements avant le coucher du soleil en période de floraison ou de productions d’exsudats, le projet du gouvernement plombe les moyens de production des agriculteurs, et par voie de conséquence, les ressources alimentaires des abeilles. Sans colza et sans tournesol, la famine des abeilles va s’aggraver. Elles seront ainsi dans l’incapacité d’assurer le service de la pollinisation, en particulier dans les vergers et dans le milieu naturel.

« Les abeilles méritent mieux que d’être otages du débat sur la protection des cultures. Elles ont besoin d’être mieux alimentées et mieux soignées. Remettre simplement des ressources dans le milieu : ce n’est qu’à ce prix qu’elles seront sauvées » résume Philippe Lecompte, apiculteur professionnel bio et Président du Réseau Biodiversité pour les Abeilles. « Nous attendons un plan ambitieux qui réponde aux véritables attentes des apiculteurs. Pour l’heure, le compte n’y est pas. Clairement pas. »

 

Contact presse : Pierre Testu

Tel : 07 67 26 31 44 – testu@asso-rba.fr

 



 



 

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